Histoire de l’Udaf de l’Ain et de l’Unaf

Le 3 mars 1945 sont créées par décret l'Unaf et les Udaf. Retrouvez l'histoire des unions des associations familiales de 1945 à nos jours.

1945-1946  Naissance de l’Unaf, les fondations de la politique familiale

La France manque d’hommes. Afin d’appeler à la vie les 12 millions de beaux bébés qu’il faut à la France en dix ans (…) un grand plan est tracé.

Charles De Gaulle, Président du Gouvernement provisoire de la république, le 3 mars 1945.

1945. La France sort de la guerre, libre mais exsangue : le bilan humain et matériel est lourd, il faut reconstruire au plus vite la démocratie, les villes, les logements, les routes… mais aussi les familles. Repeupler la France qui paye le tribut de deux guerres successives est vital et urgent. Suivant le programme conçu dès 1943 par le Conseil National de la Résistance, le nouveau Gouvernement de la République met en place un système de protection sociale exclusif, basé sur la solidarité entre les Français et les générations. Prévue pour être le socle de la République, la Sécurité sociale se définit comme « la garantie donnée à chacun qu’en toute circonstance il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille ».

La création de l’Udaf de l’Ain

La mise en place de l’Udaf de l’Ain a été assez rapide :

– le 3 mars 1945 : publication de l’Ordonnance

– le 25 juillet 1945 : Assemblée Générale constitutive. Le dossier de demande d’agrément est envoyé au Ministère de la santé Publique, au Secrétariat à la Famille et à la Population.

– le 8 octobre 1945 : agrément par le Ministère

– le 9 octobre 1945 : dépôt des statuts en Préfecture de l’Ain.

Il faut dire que le terrain était bien préparé. La Fédération des Familles de l’Ain avait été créée en 1941. Le Président en était le Capitaine de Vaisseau en retraite Monsieur De La Forest-Divonne.

En 1942 se mettait en place le Comité Départemental de Coordination et d’Action des mouvements familiaux, dont le responsable était également le Capitaine de Vaisseau De La Forest-Divonne. Il semble qu’il ait eu dès le départ, le souci de la représentation de l’ensemble du mouvement familial.

L’Udaf a été créée dans l’Ain par la Fédération des Familles de l’Ain et par l’Association Familiale de Sathonay.

Dès août 1945 se créait l’Association Familiale Ouvrière, aujourd’hui transformée en Confédération Syndicale des Familles.

C’était bien l’esprit de l’Ordonnance de 1945 qui vise « à grouper les familles et rassembler leurs voix éparses en un faisceau, d’autant plus riche qu’il sera, à sa source, plus diversifié et plus spontané. A l’unité des statuts d’associations familiales qui avait été mis en place en décembre 1942, le législateur substitue le « pluralisme », plus conforme aux traditions libérales de notre droit public ». Les associations familiales, de quelques tendances qu’elles se réclament, pourront désormais adhérer en toute liberté à une Union Départementale, et par son intermédiaire à une Union Nationale, qui exerceront la représentation de toutes les familles auprès des pouvoirs publics.

1948-1964 L’âge d’or

©Ministère de la Culture – Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Dist. GrandPalaisRmn / Studio Harcourt

L’efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu’il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter (…) les ambitions et les espoirs de la jeunesse (…) elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle.

Pierre Mendès France, Président du Conseil de 1954 à 1955.

Une fois les grands principes de fonctionnement posés, la politique familiale s’étend et propose des prestations qui vont peu à peu se généraliser pour toucher l’ensemble de la population. C’est une période faste pour la branche Famille, qui mobilise à elle seule plus de 40% des dépenses de la Sécurité sociale. En termes de repeuplement, l’investissement est réussi : on enregistre en 1948 et 1949 des indices de fécondité historiques de plus de 3 enfants par femme. Dans le même temps, alors qu’une grande partie de la population prospère et bénéficie de l’Etat-providence, des voix s’élèvent pour attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation dramatique des plus modestes (l’appel de l’Abbé Pierre en hiver 1954 et le rapport Laroque en 1962).

1965-1974 L’émergence de la politique familiale et sociale

De tous les instruments à notre disposition pour rendre une âme à notre société et assurer ainsi sa survie, la famille est le plus disponible, le plus solide et un des plus efficaces. C’est à ce titre que l’action que vous menez dépasse les intérêts que vous défendez, et rejoint l’intérêt national et les préoccupations humaines et morales les plus urgentes et les plus hautes.

Georges Pompidou, Président de la République, aux 25 ans de l’Unaf (1970).

Les années 1970 marquent un tournant dans la politique familiale.  Les pouvoirs publics concentrent leurs efforts budgétaires en direction des plus défavorisés. La politique familiale devient aussi un outil de lutte contre les inégalités ; de nombreuses prestations spécifiques sous condition de ressources voient le jour. Dans le même temps, les ordonnances Jeanneney réforment la Sécurité sociale en rendant indépendantes les trois branches : maladie, vieillesse et famille. D’un point de vue sociétal, les lignes bougent et le droit de la famille évolue autour de points clefs : les droits des femmes, l’autorité parentale et la filiation.

1975-1980 La famille se modernise

Nous pouvons légitimement espérer que des familles plus épanouies, plus assurées dans leur existence et dans leurs ressources seront aussi des familles plus nombreuses, et de manière plus précise que la famille de 3 enfants, nécessaire à l’équilibre et au dynamisme de notre population deviendra pour un nombre plus grand de foyers, la famille idéale.

Valery Giscard d’Estaing, Président de la République, au Congrès du 30e anniversaire de l’Unaf

L’année 1975 concentre à elle seule plusieurs événements majeurs : la majorité et le droit de vote à 18 ans, la légalisation de l’IVG, le regroupement familial pour les familles étrangères, la grande loi handicap.
Une réforme interne à l’Unaf permet l’adhésion des familles étrangères et des familles monoparentales. L’entrée des mouvements familiaux dans la gouvernance de l’Unaf consacre la double organisation territoriale (Udaf) et pluraliste (mouvements). La politique familiale aide les parents isolés, et surtout favorise le 3e enfant.

1981-1987 Les familles à égalité

©CC BY-SA 2.0

La réduction du temps de travail est un élément capital pour accompagner les modifications des rôles parentaux que notre société connaît. Il faut que chacun des deux parents ait un temps suffisant, un temps libre pour lui aussi, sans lequel il n’est pas d’équilibre familial ; nous devons réfléchir ensemble sur cette modification des rôles et veiller à ce qu’elle se réalise dans le respect des droits de chacun, père, mère, enfant, sans oublier qu’ils forment un tout et qu’ils restent chacun singulier.

François Mitterrand, Président de la République, le 21 novembre 1981, au Congrès de l’Unaf.

Les évolutions de la société des dernières décennies ont fait évoluer la famille traditionnelle, et notamment le rôle des femmes : toujours plus nombreuses à travailler, elles deviennent aussi indépendantes financièrement. Le divorce a perdu son caractère tabou : les familles monoparentales et recomposées sont reconnues comme telles. Le droit  s’adapte à ces nouvelles configurations familiales et consacre l’égalité des deux parents dans l’exercice de l’autorité parentale. En parallèle, la biactivité des parents affirme un nouveau champ dans la politique familiale : la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle. Après les lois de décentralisation, les solutions de garde pour les jeunes enfants font, pour la première fois, l’objet de politiques nationales, avec le lancement des contrats-crèche.

1988-1994 Concilier vie familiale et travail des femmes

Le Gouvernement entend (…) aider les parents à surmonter les difficultés qui pourraient faire obstacle à la réalisation de leurs projets familiaux. Tous les sondages montrent en effet que nombre de couples n’ont pas autant d’enfants qu’ils le souhaitent. Ils sont ainsi privés d’un grand bonheur et privent leurs enfants de la joie de grandir aux côtés de frères et de sœurs. Pour toutes ces raisons et pour nous permettre d’aborder avec plus d’élan et d’espoir le XXIe siècle, il était de notre devoir de mieux accompagner les familles et de mieux répondre à leurs besoins.

Simone Veil, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville.

La fin des années 1980 est marquée par de profondes réflexions sur la place de l’enfant : c’est désormais lui qui est au centre de la famille, et non plus le couple. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant institutionnalise cet intérêt croissant pour l’enfant comme individu à part entière, et les réformes suivantes seront désormais guidées par la recherche de « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Le droit de la famille se retrouve confronté aux progrès de la science : les réflexions bioéthiques aboutissent aux premières lois sur la question. En 1992, la France ratifie le traité européen de Maastricht et s’engage à respecter des critères de convergence, dont la maîtrise de la dette publique et du déficit public. En 1993-1994, la fécondité tombe à 1.66 enfant par femme : un creux historique. Une réflexion intense s’ouvre pour trouver réponse par le biais de la politique familiale.

1995-1999 Des principes défendus, des partenariats renforcés

L’Unaf, c’est (…) un partenariat incontournable avec les pouvoirs publics – vous venez encore d’en démontrer l’efficacité pour faire respecter l’universalité des prestations familiales… 

Jacques Chirac, Président de la République, en 1998, à l’Assemblée Générale de l’Unaf.

Dans le cadre de son plan de redressement des comptes sociaux, le Gouvernement Juppé propose de fiscaliser les allocations familiales, idée à laquelle l’Unaf s’oppose. Puis le Gouvernement Jospin décide leur mise sous condition de ressources, qui remet en cause leur universalité. L’Unaf organise la mobilisation contre cette mesure, tout en restant dans une position de dialogue avec les pouvoirs publics et en avançant des propositions alternatives.
Ce positionnement permettra à la fois un abandon de la mesure, une sortie de crise et une plus grande structuration des décisions en matière de politique familiale. Les Conférences annuelles sont réactivées et une Délégation Interministérielle à la Famille (DIF) est créée pour promouvoir une vision transversale de la politique familiale.
Cette nouvelle organisation permet le développement, au profit des familles, de services de proximité innovants auxquels le réseau des Udaf apporte une forte contribution.

2000-2004 Une parentalité partagée

Le congé paternel (…) c’est bon pour l’enfant qui a le droit d’être élevé par ses deux parents, pour les pères qui voient reconnaître ainsi leur légitimité à intervenir dans l’éducation des enfants en bas âge, et c’est bon pour les femmes, qui aspirent à un partage plus équitable dans le foyer et dans la vie professionnelle.

Ségolène Royal, Ministre déléguée à la Famille, à l’Enfance et aux Personnes handicapées.

La politique familiale s’adapte aux réalités des familles et consacre le principe de coparentalité. Les Conférences de la Famille rythment ces nouvelles orientations : le congé paternité et les mesures familiales renforcent le rôle des pères et la responsabilité partagée des deux parents. La médiation familiale est reconnue comme un outil de règlement de conflit dans l’intérêt de l’enfant. Dans le même temps, les efforts se concentrent pour une meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. L’avènement de la prestation d’accueil du jeune enfant va substantiellement améliorer la prise en charge des jeunes enfants. Ces mesures voient le jour grâce aux travaux minutieux menés en vue des Conférences de la Famille, auxquels l’Unaf prend à chaque fois une part très active.

2005-2008 La famille au cœur des solidarités

Il s’agit d’une réforme de citoyenneté. Elle s’inspire des mêmes principes que ceux qui sont au cœur de la loi du 11 février 2005 relative à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées : s’intéresser d’abord non pas au handicap, aux difficultés, mais aux possibilités de chaque personne, à son potentiel, à ses talents, à sa capacité d’action et d’autonomie, en bref à ses aptitudes. Il s’agit certes de tenir compte de ses difficultés, mais avec l’idée qu’il est possible à chacun de développer la capacité d’assumer de manière autonome les responsabilités de son existence, tout en évitant d’ériger autour de lui un mur qui l’enferme dans un statut d’incapacité définitive. C’est donc à une véritable révolution des esprits que cette réforme invite, à un pari sur l’homme, sur ses capacités et sur sa dignité. 

Philippe Bas, Ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille.

L’esprit de la loi rénovant l’action sociale et médico-sociale (2002) inspire le droit de la famille, notamment en ce qui concerne les plus fragiles. Les enfants, les personnes en situation de handicap et les majeurs protégés font l’objet de trois grandes lois dont le cœur est de protéger les personnes et de garantir leurs droits, d’encourager leur autonomie et l’exercice de leur citoyenneté. L’action sociale ne se substitue plus aux familles, elle doit en être le complément.

L’Unaf est très impliquée sur ces trois dossiers. Son partenariat avec l’Etat est renforcé par la mise en place d’une convention d’objectifs. Un autre aspect du rôle indispensable des familles comme maillon de la solidarité nationale est aussi reconnu pendant la Conférence de la Famille 2006, dédiée aux aidants familiaux. En 2008, les améliorations des politiques d’accueil de la petite enfance sont couronnées de succès : l’indice conjoncturel de fécondité passe enfin le seuil de 2 enfants par femme, pour la première fois depuis 1975.

2009-2015 La politique familiale sous tension

Malgré la crise (…) notre taux de fécondité se maintient à un taux élevé. (…) Ce taux de fécondité, c’est un atout formidable pour la France, un atout pour notre société, et dans cette période de redressement productif du pays, nous devons dire qu’un tel taux de fécondité est un atout de compétitivité pour la France. La force de notre politique familiale explique ces résultats.

Laurence Rossignol, Secrétaire d’Etat à la Famille, à l’Assemblée Générale de l’Unaf, 2014

Le modèle français de politique familiale et de protection sociale a joué un rôle de bouclier, contribuant à limiter les effets de la crise de 2008 sur les familles. Afin de réduire les déficits publics, tout en allégeant les charges des entreprises, les gouvernements multiplient les mesures d’économies et modifient le financement de la politique familiale. Si dans ce contexte difficile, les efforts d’investissement dans la petite enfance se poursuivent par-delà les alternances politiques, l’Unaf reste très active pour préserver également les aides financières accordées aux familles. Les débats sur la loi du mariage pour tous ont fait émerger des clivages importants dans la société française.
L’Unaf s’est engagée en apportant son expertise dans le débat. Le Conseil constitutionnel, saisi de sa toute première question prioritaire de constitutionnalité, a conforté l’Unaf et les Udaf dans leur financement et leurs missions dans une grande continuité avec les principes fondateurs de 1945.

2016-2019 Une confiance à retrouver

Votre dynamisme réside dans l’extraordinaire capacité à faire vivre les différences. Aucune autre institution ne sait faire coexister comme vous y réussissez des associations confessionnelles et laïques, des représentants des familles des zones rurales (…), mais également des centres urbains, des banlieues, de faire aussi vivre ensemble les promoteurs d’une conception traditionnelle de la famille, mais aussi les familles homoparentales. C’est cette capacité à faire vivre cette diversité qui fait votre force. Parce que vous représentez toutes les familles de France. Et il est très important qu’il puisse y avoir un mouvement familial qui de génération en génération a su à la fois se renouveler et garder ses traditions. Être capable de forger des principes qui valent pour toujours, et en même temps de les adapter à la société d’aujourd’hui.

François Hollande, Président de la République à l’Assemblée générale de l’Unaf à Colmar, le 25 juin 2016

Les mesures d’économie qui grèvent le budget des familles renforcent le sentiment d’abandon, entament la confiance des Français envers les institutions et fragilisent la cohésion sociale du pays. À l’occasion de la campagne présidentielle de 2017, l’Unaf alerte les pouvoirs publics et martèle la nécessité de redonner confiance aux familles.

La crise des Gilets jaunes, qui intervient un an plus tard, met en pleine lumière la défiance qui touche de nombreux territoires. Elle révèle les limites d’un face-à-face entre les pouvoirs publics et l’addition d’intérêts disparates. Pour mieux permettre aux Français de s’exprimer sur tous les aspects de leur vie quotidienne, le gouvernement organise un « Grand Débat national ». En tant que corps intermédiaire, l’Unaf y participe largement et milite pour remettre la question familiale au coeur des politiques publiques.

2020-2025 Les familles : force et espoir d’une société bousculée

Pour vous la politique pour les familles, ce n’est pas que la politique familiale, ce n’est pas « que » le périmètre de la branche famille. (…). C’est cette conception renouvelée qui a conduit l’Unaf à être aux avant-postes sur les sujets liés à la prise en compte de l’âge, les retraites, sur la question des aidants familiaux – où l’Unaf a oeuvré à l’avènement du congé proche aidant – ou encore sur la protection de l’enfance – sujet sur lequel nous nous sommes retrouvés, convaincus l’un comme l’autre que protéger les enfants commençait, très souvent, par mieux accompagner les parents. Je vous sais partager également ma vision de la politique familiale comme un véritable investissement social, comme un puissant levier de lutte contre les inégalités de destin ».

Adrien Taquet, Secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles

La crise sanitaire liée au Covid-19 place la France et le monde dans une situation inédite. Les familles avec enfants et les plus vulnérables sont durement éprouvées : isolement, pertes de revenus, parfois deuils. Pour autant, même fragilisées, elles s’imposent dans cette crise comme première cellule de solidarité et amortissent le choc pour les enfants, les étudiants, les aînés, les personnes en situation de handicap. Le caractère indispensable des métiers du soin, peu valorisés, est soudain mis en lumière. Les années qui suivent sont marquées par la guerre en Ukraine, qui génère une inflation forte et la flambée des prix de l’énergie, un contexte économique et social tendu, et une instabilité politique. De nombreux projets sont bloqués. Aux côtés des familles, l’Unaf s’investit inlassablement dans les Conseils nationaux de la refondation et auprès des gouvernements successifs pour défendre sans relâche sa vision : les familles sont une force pour l’avenir, il faut les soutenir !

Le siège de l’Udaf de l’Ain

Le siège de l’Udaf de l’Ain a été, au départ, installé au 4 de la rue Bourgmayer à Bourg en Bresse.

En 1969, l’achat de cet immeuble est envisagé, mais aucune suite n’est donnée. L’Udaf est restée 28 ans rue Bourgmayer.

En 1973, elle se déplace avenue Maginot, où elle restera vingt ans, d’abord au 22, puis au 43.

En décembre 1992, l’Udaf acquiert un immeuble au 12bis rue de la Liberté et l’aménage en Maison Départementale des Organismes Familiaux. Elle s’y installe le 1er juillet 1993. Cette maison a permis le regroupement de plusieurs mouvements familiaux. Cet objectif était recherché depuis très longtemps par les responsables familiaux et a pu se réaliser, grâce au concours de l’Unaf, du Département et de la Municipalité de Bourg-en-Bresse, ainsi que de la Caisse d’Allocations Familiales et de la Mutualité Sociale Agricole.

Les hommes et femmes de l’Udaf de l’Ain

Le Président Fondateur, Capitaine de Vaisseau en retraite, est devenu par la suite Commandant de la Forest-Divonne. Il restera Président jusqu’à 1958, mis à part un entracte de 1948 à 1950, période pendant laquelle la présidence a été assurée par Monsieur Marius JANODY de Jasseron.

On peut dire que le Commandant de la Forest-Divonne a eu une influence prépondérante sur le démarrage de l’Udaf. La lecture des archives laisse transparaître sa clairvoyance, son dévouement à la cause familiale et son efficacité.

Ensuite, Maître BONNAMOUR, Avocat à NANTUA fut Président de l’Udaf de 1958 à 1970. Douze années de présidence que nous ne pouvons pas résumer. Mais il faut relever qu’à son arrivée, La Fédération des Familles de l’Ain était le seul mouvement familial représenté à l’Udaf. Lorsqu’il quittera son poste, la diversité actuelle était déjà bien effective, avant même la modification des statuts.

Nous ne citerons pas la liste de toutes les militantes et tous les militants qui se sont succédés pendant 50 ans. De tous, nous pouvons noter leur dévouement à la cause familiale, souvent à contre-courant de la tendance dominante, et leur sens du service.

Mais, les femmes et les hommes de l’Udaf, c’est aussi son secrétariat. L’Udaf a été fortement marquée par Monsieur et Madame PRADIERS, arrivés de Paris en 1950. A partir de là, les comptes-rendus des Conseils d’Administration sont tapés à la machine, mais les Procès-Verbaux d’Assemblées Générales resteront manuscrits jusqu’en 1955.

Par la suite, Madame PRADIERS assurera le secrétariat de l’Udaf jusqu’à l’arrivée de Madame BERGER en 1974. PRADIERS et BERGER, voilà deux noms qui ont une importance très grande pour notre Udaf.

Les positionnements de l’Udaf de l’Ain

NOURRIR LES FAMILLES

Au moment de la création de l’Udaf, à la sortie de la guerre, l’approvisionnement en denrées alimentaires était un grand problème. Lors de sa première réunion, le Conseil d’Administration de l’Udaf s’est soucié de la constitution d’un stock de lait concentré en prévision de l’hiver.

Par la suite, toujours en 1945, l’Udaf a obtenu des recharges de butagaz pour les familles. Elle a protesté contre la suppression du complément pour les familles nombreuses lors du rétablissement des cartes de rationnement du pain.

Nous avons retrouvé les traces d’un long débat sur le danger du développement de l’élevage et des embouches qui réduisaient la surface cultivée en blé, avec risque de pénurie en farine, donc en pain !

Plus tard, les associations familiales organiseront l’achat en commun des premiers appareils électroménagers.

LE LOGEMENT

Les problèmes de ravitaillement réglés, très tôt la question du logement apparaît. En 1950, déjà, l’Udaf assure une représentation au Comité Départemental des H.L.M. (Habitations à Loyers Modérés).

En 1956, les H.L.M. ont construit 1 200 logements dans l’Ain. Il faut rappeler qu’à cette époque, le secteur de Rillieux était encore dans le département de l’Ain …

Les militants familiaux se sont beaucoup mobilisés pour obtenir la mise en place de l’allocation logement en 1948. Gros souci également : obtenir les mêmes avantages en matière de logement pour les ruraux. L’Udaf va mettre en place le Comité Départemental de l’Habitat Rural.

En 1958, les militants familiaux participent à la réflexion lancée par la Caisse d’Allocations Familiales pour la création du Foyer de Jeunes Travailleurs à Bourg en Bresse et Nantua. L’Udaf exprime alors le souhait que l’avis des jeunes soit pris en compte.

SE FORMER

Dès 1946, il est proposé des formations aux jeunes militants, nouveaux administrateurs. En 1953, l’Udaf met en place les « cercles de parents », permettant l’organisation d’une série de conférences tous les ans, d’abord centralisées sur Bourg-en-Bresse, puis éclatées sur divers lieux.

En 1956, l’Udaf désigne un représentant à la Commission de Contrôle de l’Orientation Professionnelle de la Chambre des Métiers.

En 1961, l’Udaf participe à la création d’un Comité Technique des Transports Scolaires. L’Udaf était très mobilisée depuis la création d’un ramassage scolaire par l’association familiale de saint Etienne du Bois en 1948. Il s’agissait bien là de pionniers. Ce n’est qu’en 1961, que l’Etat mettra en place une aide pour le ramassage scolaire.

Les responsables de Saint Etienne du Bois avaient dû acheter un vieux car. Ils ont dû changer le moteur deux fois en 6 mois. Et pour payer, ils ont dû faire des emprunts à titre personnel en disant au Crédit Agricole qu’ils voulaient acheter une vache. En 1956, l’association familiale de Rignat crée le premier télé-club permettant l’achat en commun d’un téléviseur.

prestations familiales

Il nous faut rappeler quelques dates concernant la mise en place des prestations familiales :

1932 :     Première Loi sur les Allocations Familiales, rendant obligatoire les caisses de compensation dans le commerce et l’industrie

1938 :     Extension des Allocations Familiales aux exploitants agricoles Intégration des Allocations Familiales dans la Sécurité Sociale

1945 :     Intégration des Allocations Familiales dans la Sécurité Sociale

1948 :     Création d’une Allocation Logement pour les salariés ayant deux enfants et plus, grâce à Guy HOUIST, qui fut ensuite Vice-Président de l’Unaf. 1977 :  Création du Complément Familial, sous conditions de ressources pour les familles ayant au moins trois enfants

protection et developpement social

Associés dès le départ à la gestion des Caisses Sociales, les militants familiaux se sont mobilisés pour l’élargissement des droits, au départ ouverts aux hommes valides et travailleurs : protection des veuves, statut de la femme, protection des malades et handicapés.

On doit rappeler aussi que des familles autant urbaines que rurales ont su se regrouper pour créer des services de travailleuses familiales.

En 1961, on parle déjà d’hospitalisation à domicile. Un service d’aide et de soins aux vieillards se met en place dans le département.

En 1961, encore il se crée à l’initiative de l’Udaf, une Commission Départementale de l’Enfance Inadaptée.

Sur le plan social, il nous faut parler de deux points importants :

  • d’une part, le souci très ancien pour l’Udaf, de la coordination des services sociaux. En 1957, elle obtient la mise en place d’une Commission de Coordination des Services Sociaux, à laquelle elle a 3 sièges.
  • d’autre part, les Bureaux d’Aide Sociale, devenus Centres Communaux d’Action Sociale, ont été fortement soutenus par l’Udaf. Dès leur création en 1953, elle s’est mobilisée pour proposer un Délégué Familial dans le maximum de communes.

En 1956, l’Udaf note l’intérêt d’une coopération intercommunale en matière d’Action Sociale.

Nous qualifions la dernière période comme une lutte pour maintenir les acquis.

En matière de prestations familiales, peu d’années sont passées sans discussions sur la revalorisation de la base, sans introduction de nouvelles conditions de ressources. Depuis 1947, la revalorisation des allocations familiales a été un souci constant des organisations familiales.

On pourrait dire que l’on fait « deux pas en avant, un pas en arrière, deux en avant, un en arrière ». Mais ainsi, on avance encore. Tant que ce n’est pas » un pas en avant, un pas en arrière, …

Autres difficultés : la couverture sociale. En 1975, le financement de la protection sociale était l’objet d’une Assemblée Générale de l’Unaf Dès cette époque, des médicaments ne sont remboursés qu’à 40 % !

Enfin, la question du financement des heures des travailleuses familiales. Voilà bien un sujet qui a fait couler beaucoup de salive aux administrateurs de l’Udaf.

En novembre 1982, l’Udaf avait même refusé de voter le budget de la Caisse d’Allocations Familiales.

la consommation

Importants dès le début de l’Udaf, les problèmes de ravitaillement sont abordés sous un angle nouveau : on parle de consommation, c’est la création des grandes surfaces. L’Udaf participe au nouveau Comité Départemental d’Equipements Commerciaux.

Mais une nouvelle pénurie s’annonçant, l’Udaf se mobilise et participe à la Commission Préfectorale « Fuel-oil domestique » en 1974, crise pétrolière oblige. Il s’agit d’un secteur important pour les associations familiales.

L’évolution de l’Udaf de l’Ain de 1995 à aujourd’hui

Dans le cadre de la mobilisation contre le projet du Gouvernement d’inclure les allocations familiales dans l’assiette de l’impôt sur le revenu, une manifestation a vu le jour pour aboutir sur la place de la Mairie de Bourg-en-Bresse qui a été rebaptisée symboliquement pour l’occasion en Place des Familles.

C’est en 1997 que les premiers représentants au sein des Conseils d’Administrations des établissements de santé publique ont été nommés : dès la première année, des représentants de l’Udaf siégeaient au sein des établissements de Meximieux, Belley, Hauteville, Gex, Pont de Vaux, Trévoux, et Chalamont.

En 2000, l’Udaf a souhaité accompagner l’Unaf dans son observation de l’évolution de l’organisation du travail et ses répercussions pour les familles… C’est ainsi qu’une étude a été réalisée sur le thème : les familles face aux nouvelles donnes de l’organisation du travail”.

Cette étude s’est terminée par l’édition d’un livret et la tenue d’un colloque le 19 novembre 2001 où près de 200 personnes ont assisté à un débat riche par son contenu, sous la présidence d’Hubert BRIN.

C’est cette même année 2000 que Claude BARDET quitte l’Udaf et laisse sa place à Geneviève GUISTI au poste de Directrice.

En 2002, une étude est menée concernant « 200 ans de mutation de la famille ». Le résultat de cette étude est présenté lors de l’assemblée générale :

L’étude « 200 ans de mutation de la famille » : plusieurs périodes y seront évoquées…

  • le 19ème siècle sacralise le triomphe de l’ordre moral et le pouvoir absolu du père, imposé par l’Eglise.
  • la période 1900-1930 est une période de contradiction qui va profondément bouleverser la vie des familles et plus particulièrement celle des femmes avec la guerre de 14-18
  • la période 1930-1960 marque une mutation de la famille traditionnelle à la famille moderne : les deux modèles coexistant et s’affrontant.
  • la période 1960-1980 exalte le triomphe de l’individu qui prime sur la famille.
  • la période 1980-2000 met en évidence des formes vraiment plurielles et une multiplicité de cohabitation possible de la cellule familiale qui demeure la base de notre société.

La 3ème mission des Udaf : gérer des services

Les années 1995/2005 ont été l’occasion pour l’Udaf de l’Ain de concrétiser une troisième mission confiée par l’Etat dès 1945, aux Unions Nationales et Départementales.

En effet durant plus de 50 ans, l’Udaf n’a cessé de défendre les intérêts des familles, en donnant son avis aux Pouvoirs publics sur toute question d’ordre familial, et en représentant officiellement ces familles auprès de ces mêmes Pouvoirs publics.

Toutes ces années durant, aucun service d’intérêt familial n’a été géré par l’Udaf de l’Ain, mais cette dernière décennie a marqué l’entrée de notre Udaf dans l’ère des « services »…

  • la médaille de la famille française est gérée directement à partir de 1995
  • le « Point Contact » voit le jour en 1996 puis devient le « Point Info Familles » en 2006 constitué d’un point central et de 14 antennes sur l’ensemble du territoire (la labellisation du « Point Info Familles » prendra fin en 2016)
  • « Lire et faire lire » suit en 1999-2000
  • le service « Tutelles aux majeurs protégés » ouvre fin 2002
  • le service « Point Conseil Budget » en 2018
  • « Lire ensemble » en 2024 qui vient compléter l’offre de lecture que propose « Lire et faire lire »
  • L’ouverture d’un lieu de soutien à la parentalité par la mise en place de la Maison des familles itinérante en 2024

La conférence départementale de la famille

Le jeudi 19 novembre 2009, l’Udaf de l’Ain, le Conseil Général et leurs partenaires, l’État, la Direction de la Jeunesse et des Sports (DDJS), la MSA, l’Éducation Nationale, la CAF, la CPAM, ont organisé la première Conférence départementale de la famille.

Près de trois cents acteurs associatifs, élus et institutionnels ont participé à la réflexion dont l’objectif était d’aboutir à la mise en place d’une politique familiale départementale cohérente et efficace.

Une rencontre qui est venue concrétiser une démarche engagée depuis une année sur la base d’un diagnostic partagé entre tous sur les divers champs de la vie des familles :

  • santé
  • éducation/enseignement
  • culture/loisirs/sports/médias
  • logement
  • économie/consommation/emploi/insertion
  • transports
  • environnement/énergie

Au cours du premier semestre 2009, ces sept groupes se sont réunis deux fois sur ces thématiques pour réaliser un travail d’état des lieux et de préconisations dont la synthèse écrite a été réalisée par Brigitte Tardy, consultante formatrice en santé publique et en promotion de la santé.

Évaluation de perception, de ressentis, les données recueillies sont certes à relativiser, mais elles forment une base de travail et de constats permettant aujourd’hui de proposer des actions.

Le travail présenté au cours de la journée, assorti de témoignages et de questions, n’est pas une fin en soi, mais une ouverture vers l’avenir !

Les actes de cette journée ont été édités sous un format livret de 8 pages et diffusés auprès de l’ensemble des participants mais aussi auprès de nos divers réseaux, qu’ils soient associatifs ou partenariaux.

Les actes ont été réalisés avec la volonté de reprendre chaque thématique abordée lors de la Conférence et d’y insérer les constats et préconisations pré

La gouvernance : Présidents/Présidentes – Directeurs/Directrices

Les Présidents/Présidentes de l’Udaf de l’Ain

  • 1945 : Jean de la FOREST-DIVOINNE
  • 1948 : Marius JANODY
  • 1950 : Jean de la FOREST-DIVOINNE
  • 1958 : Roger BONNAMOUR
  • 1970 : Henri LAURANT
  • 1971 : Jacqueline DURAND
  • 1974 : Michel PARAMELLE
  • 1976 : Jacques MICHAUD
  • 1986 : Michelle PILON
  • 2006 : Eric COMPARAT
  • 2011 : Michèle JAILLET
  • 2023 : Alain MATHIEU

Les Directeurs/Directrices de l’Udaf de l’Ain

  • 1992 : Claude BARDET
  • 2000 : Geneviève GUISTI
  • 2005 : Pierre BONAZ
  • 2006 : Françoise DEFRASNE
  • 2011 : Eric MOREAU
  • 2015 : Philippe MOUNIER
  • 2017 : Catherine MICHON
  • 2024 : Mélanie VALETTE